• Dossier 1ère année : Image, place et fonction du père

    Qu'est-ce qu'un père ? A quoi sert-il ?

    Qu'est-ce qui fait la spécificité du père par rapport à la mère ? En quoi occupe-t-il une place différente et nécessaire ? Alors que le lien à la mère, de nature charnelle, est toujours assuré, le père quant à lui ne l'est que d'être désigné comme tel et il doit entrer en fonction. C'est pour cette raison que, dans la plupart des sociétés, le nom donné à l'enfant est celui des ancêtres masculins : la filiation au père est essentiellement symbolique. Pour autant, elle est vitale au devenir humain.

    Dossier 1ère année : Image, place et fonction du père

     

    Dossier 1ère année : Image, place et fonction du père

     

    On distingue :

    * L'image du père : c'est le père réel, incarné ; son comportement varie en fonction de son caractère et de son histoire personnelle.

    * Le rôle ou la place du père : c'est le type de père, les tâches qu'il assume en général, conformément aux usages d'une société donnée.

    * La fonction du père : c'est le rôle psychique du père, qui a pour mission d'arracher l'enfant à l'enveloppement maternel. La fonction est invariable et vitale.

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    I - Les images du père

    [cas particuliers]

    Différentes figures paternelles, variété des qualités et défauts du père réel, c'est-à-dire du père incarné. L'image varie d'un individu à l'autre, selon son histoire propre, son caractère. Ces représentations sont multiples et infinies.

     

     

    II - Le rôle ou la place du père

    [sociologie]

    La place du père varie d'une société à l'autre, son rôle est conditionné par les usages d'une société donnée et il se mesure aux comportements couramment observés, aux tâches qu'il assume habituellement au sein de la famille. Aujourd'hui, en occident, pères et mères se répartissent plus ou moins équitablement les tâches.

     

     

    III - La fonction du père

    [symbolique]

    On désigne par là le rôle symbolique et psychique du père, opérateur vital de la rupture du lien maternel et vecteur de l'éducation (du latin ex-ducere : "conduire au dehors") et de la transmission de la Loi ; cette séparation est la condition sine qua non du travail d'humanisation. La fonction est invariable.

    > inventaire à partir de l'expérience personnelle et de la planche iconographique : Images de pères

     

    > recherches autonomes sur l'évolution historique et sociologique de la place du père, facteurs de cette transformation du rôle du père au sein des sociétés dites modernes

     

    > enquête littéraire : "Paroles de pères" (Rabelais, La Fontaine, Rilke, Kipling) - leçons morales et valeurs transmises par le père 

    > père distant, froid, sévère, inaccessible, intimidant, violent, rigide, inflexible, complice, protecteur, savant, expérimenté, courageux ou lâche, fort ou faible, fiable ou instable...

    > on voit même des "papas-poules", des papas multiples (famille recomposée, couple d'hommes), ou au contraire des pères liquidés (mère célibataire, couple lesbien)

     

    > rôle traditionnel des sociétés paternalistes (protéger sa famille, assurer sa subsistance)... qui a souvent entraîné la soumission des femmes et l'exercice d'un pouvoir patriarcal 

    > rôle moderne de participation aux tâches ménagères et maternelles (soins des enfants), parallèlement à l'émancipation des femmes : notions d'égalité et, en droit, de co-parentalité (qui nie la différence)

     

    > défense et illustration du courage, de l'endurance, de la persévérance, de l'intégrité, de l'humilité, du travail...

    > des discours soutenus par l'exemple ; l'éducation n'est pas qu'affaire de sermons, elle passe aussi par l'identification à un modèle

    > l'indication d'une voie difficile, frustrante, qui nécessite un effort, un dépassement de soi, en quoi consiste le travail d'humanisation

     

    =>   Ces missions attribuées au père peuvent évidemment être assumées par la mère : comme lui, elle est amenée à éduquer les enfants, à leur signifier la loi ; elle est plus ou moins présente, maternante ou au contraire exigeante... cela dépend des contextes. Mais la psychanalyse a clairement établi que la fonction paternelle doit être prise en charge par un Autre, désigné et reconnu comme tel par la mère, auquel elle s'adosse et qui capte son désir ; cet Autre n'est pas forcément le géniteur, ce peut être un oncle, un père absent ou même mort, voire une instance abstraite (dieu, une institution...). En tout état de cause pour que l'enfant puisse grandir, s'émanciper et intégrer les règles de la société, la mère doit lui signifier qu'elle n'est pas toute à lui et qu'elle obéit à un autre ordre, sans quoi l'enfant se voit pieds et poings liés, il ne peut pas même se mettre debout. 

     

    > Synthèse de documents : " L'image du père "

    > Film : " De battre mon coeur s'est arrêté "

    Psychanalyse : FREUD " Totem et tabou " : l'Oedipe, le meurtre du père et le Surmoi

     

    La paternité (et ses déclinaisons) en question dans le contexte idéologique du néo-libéralisme

    Dans nos sociétés livrées à la sur-consommation et à la jouissance, qui s'épuisent à formuler et à défendre les droits de tout un chacun (au détriment de la notion de devoir), qui tendent à liquider l'autorité du tiers dans la promotion du contrat néo-libéral, la fonction paternelle se voit dangereusement mise à mal.

    On voit que l'autorité (du latin "auctoritas", c'est-à-dire ce qui émane de l'AUTEUR, à la fois le créateur et celui qui donne le nom) pose systématiquement problème :

    - sur le plan religieux, Dieu est mort depuis un plus d'un siècle ;

    - sur le plan politique, l'autorité est discréditée du fait de l'asservissement des dirigeants au pouvoir économique et financier, lequel est désincarné et ne saurait revendiquer une quelconque légitimité à gouverner, puisque du bien commun il n'a cure ;

    - sur le plan moral, le "pluralisme" nivelle tous les jugements dans une dangereuse équivalence ; aucune argumentation ne fait autorité, sinon celle des chiffres (jugement désincarné, coupé de son énonciateur et de sa source idéologique) ; aucune référence n'est reconnue sinon celle des "experts" (ex-pères) qui prétendent produire un énoncé objectif, désengagé.

    - sur le plan juridique, l'autorité de la loi est gravement entamée du fait de son inflation ; la démultiplication des règlements, des décrets, des chartes, des droits ont rendue la loi illisible et toujours susceptible d'être mise en contradiction avec elle-même ; quant aux juges, on sait qu'ils sont en partie englués dans une double emprise : idéologique (dépendance vis-à-vis pouvoir médiatico-politique) et économique (question de la rentabilité de l'institution judiciaire).

    - sur le plan éducatif enfin, les profs sont bien placés pour constater les dégâts : l'enfant, l'adolescent sont livrés au fantasme d'une égalité de place avec l'éducateur ; la parole de l'enseignant est concurrencée par celle des médias, et beaucoup ne savent plus comment, en dehors du savoir, fonder leur autorité ; enfin la notion de limite n'est bien souvent pas acquise (tant que "y a pas mort d'homme", rien n'est grave, tout est permis...)

    Nombre de philosophes, sociologues et psychanalystes interrogent le délitement de ces déclinaisons de la fonction paternelle qui participe sans aucun doute du déséquilibre ambiant, qui explique en grande partie les nouvelles pathologies psychiques, la violence à l'oeuvre dans le tissu social et la difficulté croissante du travail d'éducation.

       ©  helene genet - http://bts-cge.eklablog.com   


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